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12 février 2016 5 12 /02 /février /2016 07:42
"Chacun meurt seul" est la traduction littérale du titre allemand

"Chacun meurt seul" est la traduction littérale du titre allemand

 

Hans Fallada est le nom de plume de l'écrivain Rudolf Ditzen, né en 1893 à Greifswald (dans le Nord-est de l'Allemagne) et mort en 1947 à Berlin.

 

Dans tous ses romans, Hans Fallada décrit la vie des petites gens. On y retrouve aussi beaucoup de références à sa propre vie. En effet Rudolf Ditzen a vécu une vie plutôt mouvementée et instable. 

Originaire d'un milieu aisé (son père était avocat puis est devenu juge), il tue un camarade lors d'un duel : il a 18 ans !

Accro à la morphine et à l'alcool, il passera une partie de sa vie entre hôpitaux psychiatriques, cures de désintoxication, ou même prisons car son addiction à la morphine en particulier lui joue des tours : il est tantôt violent, tantôt voleur.

Entre deux, il travaille ou écrit des romans.

Marié une première fois, il tire sur sa femme lors d'une querelle et fait à nouveau un séjour en hôpital psychiatrique en 1944. 

Il souffre du régime nazi et de la censure qui a touché plusieurs de ses livres. Il a du se cacher durant toute la guerre. 

Puis en 1947, il publie "Seul dans Berlin" à Berlin-Est.

Peu de temps après la sortie de son livre, affaibli par ses excès de drogue et d'alcool, il décède d'une crise cardiaque. 

 

 

Dans ce dernier roman, comme il nous le précise dans la préface, l'auteur relate l'histoire vraie d'un couple d'allemand, Elise et Otto Hampel, exécutés en 1943 pour des actes de résistance à la prison de Plötzensee. L'auteur a pris connaissance du dossier à la fin de la guerre en consultant les archives de la Gestapo. L'écriture de ce roman est une commande, qui a pour but de montrer le courage de la population contre le régime nazi. 

 

Il écrit son roman en quelques mois à peine mais son roman est un véritable chef-d'oeuvre, un livre essentiel qui aborde cette période sombre de l'histoire à travers le regard et la vie quotidienne de gens du peuple, tous citoyens allemands. 

 

Selon Primo Levi... 

Hans Fallada est le nom de plume de l'écrivain Rudolf Ditzen, né en 1893 à Greifswald (dans le Nord-est de l'Allemagne) et mort en 1947 à Berlin.

 

Dans tous ses romans, Hans Fallada décrit la vie des petites gens. On y retrouve aussi beaucoup de références à sa propre vie. En effet Rudolf Ditzen a vécu une vie plutôt mouvementée et instable. 

Originaire d'un milieu aisé (son père était avocat puis est devenu juge), il tue un camarade lors d'un duel : il a 18 ans !

Accro à la morphine et à l'alcool, il passera une partie de sa vie entre hôpitaux psychiatriques, cures de désintoxication, ou même prisons car son addiction à la morphine en particulier lui joue des tours : il est tantôt violent, tantôt voleur.

Entre deux, il travaille ou écrit des romans.

Marié une première fois, il tire sur sa femme lors d'une querelle et fait à nouveau un séjour en hôpital psychiatrique en 1944. 

Il souffre du régime nazi et de la censure qui a touché plusieurs de ses livres. Il a du se cacher durant toute la guerre. 

Puis en 1947, il publie "Seul dans Berlin" à Berlin-Est.

Peu de temps après la sortie de son livre, affaibli par ses excès de drogue et d'alcool, il décède d'une crise cardiaque. 

 

 

Dans ce dernier roman, comme il nous le précise dans la préface, l'auteur relate l'histoire vraie d'un couple d'allemand, Elise et Otto Hampel, exécutés en 1943 pour des actes de résistance à la prison de Plötzensee. L'auteur a pris connaissance du dossier à la fin de la guerre en consultant les archives de la Gestapo. L'écriture de ce roman est une commande, qui a pour but de montrer le courage de la population contre le régime nazi. 

 

Il écrit son roman en quelques mois à peine mais son roman est un véritable chef-d'oeuvre, un livre essentiel qui aborde cette période sombre de l'histoire à travers le regard et la vie quotidienne de gens du peuple, tous citoyens allemands. 

 

Selon Primo Levi, 

Seul dans Berlin" est "l’un des plus beaux livres sur la résistance allemande antinazie.

Et la quatrième de couverture nous dit...

Aucun roman n'a jamais décrit d'aussi près les conditions réelles de survie des citoyens allemands, juifs ou non, sous le IIIe Reich, avec un tel réalisme et une telle sincérité.

 

Tout d'abord censuré lors de sa première parution dans la partie de l'Allemagne qui allait devenir la RDA en 1947, la version intégrale du roman est parue en 2014 chez Denoël dans une version non censurée, traduite par Laurence Courtois pour la première fois depuis sa première parution en France en 1967.

C'est celle que j'ai eu en main. 

 

Une émission de France culture : "Hans Fallada : une vie, une oeuvre" du 29 janvier 2013, produite par Mathieu Garrigou-Lagrange raconte la vie de l'auteur et le destin tumultueux de cette oeuvre, dont Denoël racheta les droits "pour une somme misérable" et qui suscite depuis un regain d'interêt en Allemagne (290 000 exemplaires depuis 2011 : source Actualitte), mais également à l'international.

 

 

 

 

C'est un roman incontournable à lire absolument, sans être rebuté par ses quelques 730 pages...

 

 

L'histoire débute à Berlin en 1940. La France vient de capituler et Hitler est au sommet de sa gloire tandis que tous ses partisans fêtent la victoire, partout dans le pays ...

 

Dans un des quartiers de Berlin, au coeur d'un immeuble de la rue Jablonski, vivent toutes sortes de gens.

Parmi eux des juifs, des délateurs, des nazis, des bavards ou des taiseux...des peureux ou des courageux.  

Ils vivent sans réellement se voir tant ils ont peur du régime mais le destin va en décider autrement...et tous les personnages vont se croiser à un moment ou à un autre dans le récit. 

 

Au premier étage, il y a un vieux juge à la retraite mais au grand coeur. 

Puis la famille Persicke, qui fêtent la victoire sur la France à coup de schnaps, et terrorisent tout l'immeuble car ils font tous partis des SS. Leur plus jeune fils, Baldur est le plus terrible d'entre eux car il va bientôt entrer à l'école des futurs cadres nazis et en est très fier. 

Tout en haut, vit  Frau Rosenthal,  une vieille dame juive très discrète,  dont le mari a été emmené en camp de concentration et qui redoute par dessus tout la venue des nazis. 

Tout en bas de l'immeuble vit un affreux malfrat, dont la femme se prostitue, et leurs enfants : c'est Borkhausen...

 

Et puis il y a les Quangel, les deux héros de l'histoire...

 

Une mauvaise nouvelle vient d'arriver chez eux : une lettre leur annonçant le décès d'Ottochen, leur fils unique, mort pour la patrie. 

Tout s'écroule pour le couple. Ils perdent tous leurs repères et en veulent terriblement à Hitler. Anna s'effondre et fait le reproche à Otto d'avoir trop aimé le Führer

Le même jour Otto, employé comme contremaître, dans une usine de meubles qui fabrique maintenant des cerceuils, perd son emploi et redevient un simple ouvrier. On a mis à sa place un bon à rien, paresseux mais appartenant au parti ! 

Avec la disparition de leur fils, disparaît leur raison de vivre et d'espérer des jours meilleurs.  Alors il n'en faut pas plus à Otto et à Anna pour trouver un moyen de dire leur colère. 

Eux si discrets jusqu'à présents, se révoltent...mais sans éclats.

Pour oublier leur peine et trouver un but à leur quotidien, Otto va se mettre à écrire des cartes sur un coin de table, à sa façon, avec ses mots à lui... des cartes contre le Führer, qu'ils vont disséminer dans toute la ville, pendant près de deux ans...avant que la Gestapo qui enquête sans relâche ne découvre qu'ils en sont les auteurs.

Otto et Anna qui ne sont pourtant pas des résistants, le deviennent à leur manière. Ce geste anodin devient un acte de rebellion courageux et important dans le contexte.  

Ils espèrent secrètement créer un mouvement de révolte et freiner la bonne marche de la machine nazie.

Mais les gens qui découvrent les cartes ont si peur, que presque toutes les cartes atterrissent sur le bureau de la Gestapo où le commissaire Escherich, chargé de l'enquête, les conserve tout en plaçant sur une grande carte de Berlin, un petit drapeau sur les lieux exacts où elles ont été retrouvées.

276 cartes seront ainsi transmises et répertoriées.

Le commissaire Escherich pense qu'avec de la patience il finira par découvrir par qui elles ont été écrites. Mais son supérieur, le général SS Prall, ne l'entend pas de cette oreille.

Prall décide d'écarter Escherich de l'enquête et l'enferme au cachot pour insubordination. Mais son successeur est encore plus incapable de résoudre l'affaire.  

Escherich est donc remis en piste avec la menace de retourner en bas au moindre faux-pas. Il réussira à arrêter Otto...

 

Alors commence pour le couple Quangel un long chemin, peuplé de solitude et de violence, raconté dans la dernière partie du roman : la vie quotidienne en prison, les interrogatoires musclés pour les inciter aux aveux, même des fautes qu'ils n'ont pas commises, jusqu'au jugement...

Leur façon d'affronter les interrogatoires et leur dignité à l'approche de la mort est une véritable leçon de courage et un engagement supplémentaire dans la résistance.

 

Le roman relate aussi l'arrestation des personnes aimées et innocentes, proches du couple comme par exemple, le frère d'Anna ou la douce Trudel, la fiancée de leur fils qui avait simplement croisé un jour Otto sur sa route, bien après la mort de son fiancé. 

 

D'autres personnages interviennent de manière importante dans le récit comme par exemple, celui de la factrice Eva Kluge qui se sauve de Berlin pour aller vivre à la campagne chez sa soeur et de son mari Enno qui, à cause de ses petites combines va se retrouver pris dans les filets de la Gestapo et être accusé à tort d'avoir écrit les cartes...

 

 

Mon avis

 

C'est un livre éprouvant dont le lecteur ne peut sortir indemne tant il est fort et réaliste. Il mérite qu'on s'arrête un instant sur sa lecture. 

L'écriture est toute simple et les mots sont d'autant plus poignants que les faits sont racontés sans aucune colère. 

 

Le roman nous parle de ces gens simples qui doivent composer avec la guerre, la vie quotidienne et la peur de mal faire car leurs actes, à chaque instant peuvent les faire arrêter et envoyer en camp de concentration.

Ces citoyens allemands vivent dans la terreur, la violence et l'humiliation quotidienne. Ils ont perdu leur libre arbitre et sont devenus des êtres soumis et obéissants. Leurs actes de résistance sont d'autant plus courageux qu'ils sont enrolés de force et forment une masse silencieuse que rien ne semble plus jamais devoir atteindre.

Ils sont capables de tout, même de dénoncer un ami ou un membre de leur famille. Ils surveillent leurs proches, leurs voisins ou leurs collègues de travail.

Certains sont des lâches, d'autres se révoltent dans l'ombre et bravent les interdits au péril de leur vie et de celles de leurs proches. Certains collaborent avec le parti d'autres y adhèrent par crainte, mais se font oubliés ou fuient. 

Ceux qui résistent le font à leur manière sans engagements visibles, seulement par des actes quotidiens comme le font les Quangel. Ce sont de vrais héros !

 

Il y a beaucoup de violence dans ce roman, de morts, de tortures, de suicides... 

On y découvre la barbarie nazie vue du côté des citoyens allemands, juifs ou pas. Car tout est prévu pour contrôler la population, l'humilier, l'enroler dans les différentes organisations du parti qui noyautent tout le pays et ainsi mieux asseoir le pouvoir et freiner la révolte. 

 

C'est un livre qui nous rappelle que notre liberté de tous les jours a été acquises par des êtres engagés qui se sont battus pour leurs valeurs morales et ont décidé de ne pas tout accepter pour avoir encore la liberté de penser, de rire, de s'exprimer et de marcher en toute liberté dans la rue.

 

L'auteur rend un vif hommage à tous ces inconnus qui ont bravé la mort pour agir et dont la grande Histoire a souvent oublié les noms.  

 

Le roman se termine heureusement sur une note d'espoir car au milieu de tous les morts et de tous les renoncements, un jeune ado ose se rebeller et refuser que son avenir heureux soit compromis...

Mais chut je ne vous dirais rien de plus sur lui, ni sur le lien qu'il a avec les différents personnages du roman.  

 

Une autre chronique que j'aime beaucoup sur le blog de Mimi,  "Mes petites boîtes"

Bande annonce du film (sortie prévue en 2016)

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commentaires

Bernieshoot 12/02/2016 17:04

un livre fort dans une ville qui m'attire beaucoup

manou 12/02/2016 17:22

Berlin est en effet une très belle ville mais je préfère ne pas y avoir vécu en ce temps-là...

Mimi 12/02/2016 09:35

Je constate que toi aussi tu as été bouleversée par cette lecture. Et comment ne pas l'être ? Merci pour le clin d'œil et à bientôt...

manou 12/02/2016 10:11

Oui j'ai eu du mal à lire autre chose après l'avoir terminé sauf un sur le même sujet (tu verras ma chronique de dimanche) tout aussi bouleversant.
A bientôt !

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