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4 septembre 2015 5 04 /09 /septembre /2015 06:23
Nouvelles orientales / Marguerite Yourcenar

Cela fait longtemps que je voulais me replonger dans l'ambiance de Marguerite Yourcenar...

 

C'est parce que je suis tombée, en déballant des cartons de livres dans notre maison de vacances, sur la nouvelle "Comment Wang-Fô fut sauvé", adaptée en folio pour les enfants, nouvelle que j'avais acheté à l'époque pour un de mes fils et qu'il a fallu que je raconte tous les jours à ma petite fille, fascinée par l'histoire de ce peintre qui s'enfuit sur le bateau qu'il vient juste de peindre et qui prend vie au fur et à mesure... que j'ai eu envie de relire le recueil en entier !

 

J'ai profité donc des vacances pour relire ces dix nouvelles parues chez Gallimard pour la première fois en 1938 et dont la lecture est toujours d'actualité dès le lycée.

 

Pour moi, la lecture de nouvelles, c'est différent de la lecture d'un roman. Il faut en lire une de temps en temps, cela permet de mieux entrer dans l'ambiance de chacune, et de mieux apprécier...et faire durer le plaisir !

 

En général d'ailleurs, j'ai du mal à en lire car je les mélange toutes, vu que je n'ai pas la patience requise pour en espacer la lecture :)

Mais cette fois j'ai fait un effort (C'est bon pour la mémoire !).

 

 

La première nouvelle est la plus connue...

 

 

- Comment Wang-Fô fut sauvé.

Edition superbement illustrée par Georges lemoine

Edition superbement illustrée par Georges lemoine

Wang-Fô est un peintre chinois.  Avec Ling, son fidèle disciple, qui a tout sacrifié pour le suivre, il parcourt le royaume des Han, de ville en ville tout en peignant et en recherchant de nouveaux paysages, pendant que Ling lui prépare ses couleurs.

Ses tableaux sont si beaux qu'on les croit magiques...On dit qu'ils prennent vie et Wang-Fô les offre au lieu de les vendre, ce qui explique son dénuement.

Un jour, tous deux sont arrêtés par l'empereur. Celui-ci reproche à Wang-Fô de lui avoir menti sur la réalité de la vie en lui montrant de trop belles peintures représentant un monde parfait, très éloigné du monde réel...qu'il n'a découvert qu'à l'adolescence (je ne vous dis pas pourquoi).

Mais avant d'exécuter sa punition (lui brûler les yeux et lui couper les mains), l'empereur exige du vieux peintre qu'il termine une peinture inachevée.

Celui-ci en profite pour tromper l'empereur et échapper à la mort...

Comment, me direz-vous ?

Grâce à la peinture évidemment, puisqu'il montera avec Ling, à bord d'un bateau, dessiné sur la toile et se sauvera sur la mer où ils disparaîtront à jamais. 

 

Un récit très poétique...

 

 

 

 

- Le Sourire de Marko.

 

Trois personnes discutent à bord d'un paquebot, tout en buvant un verre : un archéologue grec, un pacha égyptien et un ingénieur français.

L'ingénieur se met à raconter la légende d'un homme devenu bien malgré lui un héros : il s'agit de Marko Kraliévitch.

 

Marko aidait les pays "infidèles" et finit par être obligé de se cacher. Son refuge était la maison de la veuve du Pacha de Scutari. Mais un jour où il avait trop bu, il se fâcha et l'insulta parce que le repas était trop cuit.

La veuve prévint, la nuit même, les turcs de sa présence dans la maison et, au petit matin Marko réussit à leur échapper en se jetant à la mer. Malgré sa résistance légendaire, on le repêcha le soir venu, parfaitment immobile, et tout le monde le crût mort.

Pour vérifier que c'était bien le cas, les Turcs lui firent subir toutes sortes de torture, puis firent danser de toutes jeunes filles devant lui. Alors qu'il avait pu résister à la douleur, il laissa échapper, bien malgré lui un léger sourire. Une des jeunes filles le remarqua, cacha son visage derrière un foulard, et l'aida à s'échapper pendant la prière...lui permettant ainsi de survivre.

 

 

- Le Lait de la mort.

 

Trois frères construisent une tour pour se défendre contre les invasions des turcs.

Mais chaque fois que la tour est terminée, elle s'écroule...

Selon la coutume, le seul moyen d'assurer sa solidité, c'est d'enterrer vivant un corps humain.

Les frères décident dont de sacrifier une de leurs femmes, celle qui leur portera à manger le lendemain...

Seul le frère cadet ne prévient pas sa jeune femme alors qu'il l'aime de tout son coeur.

Bien sûr les deux autres femmes, prévenues par leur mari, se défilent et c'est donc elle qui vient apporter le repas...

Elle sera donc emmurée vivante.

Mais les hommes ne peuvent qu'accéder à son étrange requête : elle demande qu'un espace soit réservé au niveau de ses deux seins pour continuer à nourrir son tout jeune enfant et de ses yeux pour pouvoir le voir grandir.

Pendant deux ans, elle nourrira son enfant de lait jusqu'à ce qu'il soit sevré...

 

 

- Le Dernier Amour du prince Genghi..

 

Grand séducteur, le prince Genghi a passé sa vie à séduire les femmes. mais maintenant qu'il est âgé et presque aveugle, il décide de se retirer loin des regards, dans un ermitage à trois jours de marche  de son village.

La Dame-du-village-des-fleurs-qui-tombent est une de ses anciennes concubines. Ses lettres restant sans réponse, elle décide de se rendre sur les lieux de l'ermitage pour revoir le prince et lui porter secours.

Elle qui l'a aimé pendant plus de dix-huit années, acceptant sans rien lui reprocher ses quelques visites nocturnes occasionnelles, ne se faisant aucune illusion sur sa propre beauté, va tout faire pour le reconquérir et profiter de sa cécité ...quitte à se faire passer pour une autre.

Mais arrivera-t-elle pour autant à tenir une place dans son coeur comme elle l'a toujours rêvé ?

 

 

- L'Homme qui a aimé les Néréides.

 

Un jeune mendiant nommé Panégyotis, était autrefois promis à un superbe avenir...Sa famille bien que modeste ne manquait de rien ; sa bonté attirait les jeunes femmes et il avait une fiancée superbe !

Un jour, alors qu'une mystérieuse maladie ravage le troupeau de mouton familial, le jeune homme décide de se rendre à la ville pour y quérir les conseils d'un vétérinaire.

Mais sa route croise celle des fées, des démones à la superbe chevelure d'or et au corps charmeur et voluptueux inoubliable. Ce sont  les puissantes Néréides qui séduisent les hommes et leur enlèvent toute raison.

 

Bien sûr Panégyotis ne fait pas exception à la règle et succombe à leurs charmes...

Depuis il ne travaille plus ; il est toujours perdu dans ses pensées ; il n'a plus toute sa tête ; et il survit de mendicité.

 

Est-ce elles, les fées, qui le rendirent muet pour qu'il ne révèle à personne le secret de leur amour ?

Existent-elles vraiment ? Il y a une preuve, vous verrez !

 

 

- Notre-Dame-des-Hirondelles

 

Des nymphes (encore) envoûtent les hommes. Elles prennent les enfants par la main et les emmènent danser au bord des falaises...

Mais personne ne trouve à redire et elles vivent tranquilles jusqu'au jour où un moine, nommé Thérapion, décide de les éliminer définitivement.

Peu à peu, tout en détruisant leur habitat, il les repousse jusqu'à une grotte où il les enferme afin de les laisser dépérir. Pour cela, il obstrue l'entrée en construisant une chapelle.

Mais les nymphes vont être transformées en hirondelles...

 

 

- La Veuve Aphrodissia

 

Kotis le Rouge avait les cheveux roux et semait la terreur autour de lui...

Il a été égorgé comme une bête par les paysans du village et sa tête repose maintenant sur la place publique.

Aphrodissia ne pleure pas que son vieux mari défunt mais aussi Kotis, qui était son amant depuis toujours et qu'elle aimait passionnément malgré les atrocités qu'il a commises autour de lui.

Cependant elle est inquiète car le bandit porte gravé sur son bras le nom de sa maîtresse. Honteuse, elle a toujours caché sa liaison aux villageois...

Seul son vieux mari,  leur permettait de se rencontrer en secret.

Elle décide donc de cacher le corps de Kotis et de venir récupérer sur la place du village, la tête de son amant, plantée au bout d'une pique...

 

 

- Kâli décapitée

 

Kâli, la déesse est aujourd'hui aussi horrible que ce qu'elle était belle autrefois. Ses yeux versent des larmes tandis que ses pieds dansent....

Jadis elle était "parfaite comme une fleur" mais ne connaissait rien de sa pureté.

Les Dieux, jaloux, la guettèrent un soir et elle fut décapitée par la foudre. Ce qui déclancha une succession de catastrophes...

Repentis, voilà les Dieux sortis de l'enfer pour remettre la tête sur le corps de la jeune femme. Mais ils commettent un grave erreur : la tête de Kâli, pure et belle, est jointe au corps, vil et destructeur, d'une jeune femme prostituée...

Voilà Kâli obligée de vivre les fantasmes les plus fous...

Pourra-t-elle être sauvée ?

 

 

- La Fin de Marko Kraliévitch

 

Marko (dont on a déjà parlé) avait beau être le plus fort, il est mort bêtement...et cette fois personne n'a pu le sauver !

 

Un vieillard s'était présenté sans écuelle un jour où Marko faisait "table ouverte". Ne répondant pas à ses questions, Marko l'a houspillé, s'est fâché, puis a voulu se battre. Mais le vieillard ne semblait pas souffrir de ses coups alors que Marko, lui s'affaiblisait peu à peu, au fur et à mesure que le vieil homme lui parlait...

Le vieil homme était tout simplement en train de lui rappeller toutes les horreurs commises durant sa vie.

Ce n'était vraiment pas un mendiant comme les autres !

 

 

- La Tristesse de Cornélius Berg

 

Revenu à Amsterdam, le vieux Cornélius Berg peint des portraits, des nus et des tableaux, non plus par plaisir mais uniquement pour gagner de quoi vivre.

Le peintre vieillissant commence à avoir la main qui tremble...

Il ne croit plus en rien, ni au monde des hommes, ni à la peinture.

Il ne peint plus rien de beau et a perdu tout espoir de le faire un jour. On l'emploie, par charité, à peindre de fausses boiseries sur les murs de l'église.

Il peint donc des natures mortes et rêve...

Sa seule distraction est de se rendre de temps à autre chez le vieux Syndic de Haarlem qui se passionne pour les fleurs et aime leur couleur...mais ne connaît rien à l'art.

 

Cette dernière nouvelle très pessimiste clot le recueil en faisant écho à la première nouvelle plutôt optimiste qui parle aussi d'un peintre.

Voilà des nouvelles  pleines de charme, imprégnées des mythes légendaires et de la sagesse orientale.

A découvrir ou à relire absolument dès l'adolescence pour la plupart d'entr'elles, dès 6 ans pour la première !

 

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commentaires

Mimi 03/05/2019 09:17

Un recueil que je note aussi pour notre prochaine rencontre lecture. Chouette, j’aurais des idées, piochées ici, à proposer !

manou 03/05/2019 09:33

Tu ne l'as jamais lu ! Je n'en reviens pas :) bisous et contente de te donner des idées

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