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23 avril 2015 4 23 /04 /avril /2015 08:16
La ballade d'Ali Baba / Catherine Mavrikakis

Originaire du  Québec, l'auteur est enseignante à l'Université de Montréal. Sa renommée gagne la France où elle a été deux fois déjà sélectionnée parmi les finalistes du Prix Femina.

Non sans humour, elle se décrit elle-même dans ce nouveau roman comme "la romancière à qui l’on reproche sans cesse de ne parler que de macchabées".

C'est un hommage au père disparu qu'elle nous livre dans son roman et le récit d'un deuil difficile à faire.

 

 

De quoi ça parle ?

 

Enfant, Erina admirait Vassili, son père et ce n'est pas un hasard si elle était, parmi les trois filles, sa préférée. D'abord elle porte le nom de la mère de Vassili, morte très jeune en Algérie, ensuite, elle est son portrait caché.

 

Vassili est mort depuis quelques mois déjà. Aussi  Erina est-elle surprise de le rencontrer (lui ou son fantôme ?) dans les rues glacées de Montréal, sous une tempête de neige terrible.

Ce n'est pas un hasard en fait, car il a quelque chose à lui demander.

Il étouffe dans l'étroite cavité du tombeau où la famille a enterré ses cendres : il charge Erina de le libérer, de jeter ses cendres dans un lieu qu'elle devra choisir elle-même, et de le laisser vivre sa vie et faire tout ce qu'il n'a pas pu accomplir de son vivant...

 

Pour accomplir sa tâche, Erina devra elle aussi se libérer de l'emprise paternelle et faire son deuil d'un père qui l'a pourtant souvent abandonnée. Pour cela elle devra prendre le chemin des souvenirs...

 

Son père était considéré comme un fabulateur par les adultes, mais il était un conteur formidable pour ses enfants.

Fantasque et séducteur dans l'âme, il a toujours conquis, sans difficulté, son monde et autant les hommes que les femmes.

Beau parleur, il a fait de nombreuses conquêtes jusqu'à ce que sa femme en est assez.

 

Il a beaucoup voyagé et a parfois emmené ses filles (Erina, 9 ans et les jumelles, Adriana et Alexia, 6 ans) avec lui. 

Comme cette fois-là en 1968 où il décide de les emmener à Key West pour y passer le réveillon du nouvel an et voir le soleil de 1969 se lever sur la mer. Elles n'avaient jamais vu la mer...

Cette mer que lui a tant aimé durant son enfance !

Ou bien le jour où il les conduit avec leur mère cette fois à Kalamazoo, chez leur tante mais il ne reviendra jamais les chercher. Il avait promis de ne jamais les abandonner.

 

Voyager pour lui cela a été d'abord, fuir (Rhodes) à l'âge de six ans, avec sa mère et sa fratrie pour aller vivre en Algérie (à Alger) jusqu'à l'âge adulte, loin de la guerre.

Puis, libéré de l'obligation (et de la promesse faite à sa mère sur son lit de mort) de s'occuper de ses soeurs, il migre ensuite vers l'Amérique pour y retrouver son père disparu depuis plusieurs années.

Enfin, voyager a été aussi pour lui, une façon d'aller voir ailleurs s'il ne pouvait pas y être plus heureux, plus admiré, plus aimé... ou bien tout simplement une façon de ne plus avoir peur de s'attacher et de souffrir à nouveau...

 

Erina a eu du mal à grandir avec un père pareil. Elle s'est sentie abandonnée quand il est parti et que ses parents ont divorcé.

Maintenant devenue adulte, elle cherche toujours à comprendre ce père insaisissable, qui disparaissait pour ne jamais revenir, mais pour qui elle a tant compté au point même qu'il n'a pas hésité à la mener dans les Casinos, jusqu'à Las vegas, prétextant qu'elle lui porterait chance.

 

Elle comprend que la vie de son père n'a pas toujours été facile et qu'il a eu lui-même une enfance douloureuse et solitaire faisant de lui un éternel exilé, qui n'a jamais su où poser ses valises...

D'enfant (trop) responsable, il est devenu un adulte (trop) irresponsable.

 

 

Le roman nous emmène de Key West à Las Vegas, Montréal, Rhodes, Alger, Florence, Kalamazoo, Marseille et New York...

Le roman traverse le temps et les océans sans suivre une quelconque chronologie.

Le lecteur perçoit à travers la vie tourmentée de Vassili Papadopoulos, ce qu'a été la vie et les espoirs des migrants grecs sans que l'auteur, pour autant, ne s'apesantisse sur les désillusions et les drames...

 

L'écriture est agréable et fluide. Les personnages sont attachants. Certains passages sont très émouvants.

 

Bref, il était temps que je découvre cet auteur...

 

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