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21 mars 2015 6 21 /03 /mars /2015 17:56
Wisława Szymborska, la grande dame de la poésie polonaise

Son histoire

 

Wisława Szymborska est née le 2 juillet 1923 à Bnin près de Poznań en Pologne. En 1931, sa famille déménage à Cracovie où elle fréquente d’abord l’école publique, puis à partir de 1935, le gymnase des Sœurs Ursulines.


Au début de la Seconde Guerre mondiale, elle commence à travailler en tant qu’employée des chemins de fer, pour échapper à la déportation du IIIe Reich et suit des études de lettres et de sociologie à l'Université Jagiellon.

Elle travaille pour des revues et y fait publier ses premiers poèmes. Elle s'implique dans des cercles de créations littéraires locaux où elle rencontre Czeslaw Milosz.

 

Des 1945, elle publie ses poèmes dans le quotidien de Cracovie "Dziennik Polski". Elle est ensuite rédactrice pour la revue hebdomadaire "La Vie littéraire" et aussi traductrice.

Elle traduit la poésie baroque française et la fait connaître dans son pays.

Elle traduit aussi magnifiquement en polonais le grand poète yiddish Itzik Manger.

 

Obligée d'abandonner ses études avant l'obtention de son diplôme, elle travaille comme secrétaire pour un magazine d'éducation et comme illustratrice.

 

Elle se marie en 1948 au poète Adam Włodek, mais divorcera en 1954.

 

Au début de sa carrière, cependant, et comme beaucoup d'autres intellectuels dans la Pologne de l'après-guerre, elle adhère à l'idéologie officielle de la République populaire de Pologne, allant jusqu’à signer le 8 février 1953 une pétition politique honteuse qui condamnait des prêtres polonais accusés de trahison dans un simulacre de procès . Ses premières œuvres soutiennent également les thèmes socialistes, - See more at: http://www.recoursaupoeme.fr/po%C3%A8tes/wislawa-szymborska#sthash.4qAfQ73q.dpuf
Au début de sa carrière, cependant, et comme beaucoup d'autres intellectuels dans la Pologne de l'après-guerre, elle adhère à l'idéologie officielle de la République populaire de Pologne, allant jusqu’à signer le 8 février 1953 une pétition politique honteuse qui condamnait des prêtres polonais accusés de trahison dans un simulacre de procès . Ses premières œuvres soutiennent également les thèmes socialistes, - See more at: http://www.recoursaupoeme.fr/po%C3%A8tes/wislawa-szymborska#sthash.4qAfQ73q.dpuf
Au début de sa carrière, cependant, et comme beaucoup d'autres intellectuels dans la Pologne de l'après-guerre, elle adhère à l'idéologie officielle de la République populaire de Pologne, allant jusqu’à signer le 8 février 1953 une pétition politique honteuse qui condamnait des prêtres polonais accusés de trahison dans un simulacre de procès . Ses premières œuvres soutiennent également les thèmes socialistes, - See more at: http://www.recoursaupoeme.fr/po%C3%A8tes/wislawa-szymborska#sthash.4qAfQ73q.dpuf

Après la Deuxième Guerre mondiale, elle adhère comme beaucoup d'intellectuels aux idées de la République populaire polonaise et devient membre du Parti ouvrier unifié polonais (communiste) puis s'en éloigne dans les années 50, pour le quitter définitivement en 1966.

 

Dès les années cinquante, elle fréquente en cachette des dissidents au régime. Ses poèmes circulent à l’étranger surtout autour de la revue Kultura, éditée à Paris.

 

 

Son chef-d'œuvre est "Wszelki wypadek" ("Cas où"), paru en 1972. C'est cette oeuvre qui la fait connaître et apprécier dans son pays.

 

En 1975, elle se joint ouvertement aux intellectuels qui protestent contre le Parti communiste polonais. Elle rejette à cette époque ses textes de jeunesse, trop assujettis selon elle aux impératifs du réalisme socialiste.  Elle comparait d'ailleurs Staline, non sans une certaine ironie,  à l'abominable homme des neiges, dans "L'Appel au Yeti".
 

De 1981 à 1983, elle fait partie du comité de rédaction du mensuel cracovien "Pismo".

 


Son écriture

 

Elle respecte dans son écriture poétique, une certaine tradition européenne classique, préférant "des vers harmonieux et mesurés à des excès de langage ou à des ornements baroques".

Dans ses oeuvres inspirés de la Seconde guerre mondiale, puis du communisme, elle décrit  la haine, la bêtise, le terrorisme et la torture, les souffrances...sur un ton où l'humour et l'ironie s'entremêlent.

 

Dans son livre intitulé "Questions à soi-même", elle montre que malgré le fait qu'elle est restée plutôt à l'écart de  la vie politique, elle se pose de nombreuses questions sur la vie spirituelle et  les problèmes moraux de notre époque. "Il n'est pas de questions plus importantes que les questions naïves…" nous dit-elle.

 

Elle voullait faire renaître une foi forte, aveugle et sans dogmes c'est-à-dire faire renaître chez le lecteur, l'émerveillement de l'enfance qu'elle avait su conserver, comme une petite fille,  pour poser son regard sur le quotidien.

 

La simplicité apparente de son langage dissimule une infinité de lectures possibles et formule un perpétuel questionnement sur le rapport de l'homme à l'existence, la nature, l'animalité et l'universalité...

 

Son oeuvre est essentiellement consacrée à la poésie : elle a reçu le Prix Nobel de Littérature en 1996 pour l'ensemble de son oeuvre, "pour une poésie qui, avec une précision ironique, permet au contexte historique et biologique de se manifester en fragments de vérité humaine".

Déjà très connue dans son pays, où elle a obtenu de nombreux prix et récompenses, mais aussi en Allemagne, il faudra attendre ce Prix Nobel pour qu'elle soit découverte et appréciée par le monde entier.

 

Mais son écriture au style très diversifié, rend ses oeuvres très difficiles à traduire directement du polonais. Malgré cela, ses œuvres sont traduites dans beaucoup de langues dont le japonais, le chinois, l'hébreu et l'arabe et restent donc accessibles à un large public.

Ses traducteurs ont été Piotr Kaminski, pour la traduction française, et  Stanislaw Baranczak et Czeslaw Milosz pour les traductions en anglais. C'est grâce à eux que nous la connaissons.

Cette grande poétesse discrète et effacée qui porta longtemps en elle la honte de n’avoir été qu’un fétu de paille au fil du courant, sans jamais avoir eu le courage de nager à contre-courant, nous a quitté le 1er février 2012.

« Le poète nous parle, nous fait pénétrer dans la vie telle qu'il la perçoit, sans jamais rien expliquer, sans jamais rien justifier. » disait-elle.
 

 

Sitographie

 

- le principal, où vous trouverez des choix de textes : le site Esprits nomades.

- Gazeto Beskid, le premier magazine on line francophone consacré à la Pologne.

- le site culturel polonais (en anglais).

et l'article de wikipedia.

Bibliographie (source : le site du Printemps des Poètes)

 

  • Pourquoi nous vivons (1952)
  • Questions à soi-même (1954)
  • Appel à Yéti (1957)
  • Sel (1962)
  • Cent Consolations ou Cent blagues, traduction de Sto pociech (1967)
  • Cas où (1972)
  • Les Gens sur le pont (1986)
  • Fin et début (1993)
  • Vue avec un grain de sable (1996)
  • Instant (2002)
  • Rimes pour les grands enfants (2003)
  • Deux points (2005)

    Elle a par ailleurs fait paraître plusieurs anthologies en polonais, en allemand et en anglais. Le recueil "De la mort sans exagérer" (Fayard, 1996), traduit par Piotr Kaminski, est une anthologie en français. Sept des recueils de l'écrivain, s'échelonnant de 1962 à 1993, y sont représentés.

 

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Encore


Dans les wagons plombés
Des prénoms traversent la contrée,
Mais jusqu'où ils voyageront,
Si un jour ils en descendront,
Je n'en sais, je ne vous dirai rien.


Prénom Nathan cogne contre la cloison,
prénom Isaac hurle et chante sa folie,
prénom Sarah pour deux gouttes d'eau supplie,
puisque se meurt de soif le prénom Aaron.


Ne saute pas dans le vide, prénom David.
Ce prénom te flétrit pour la vie,
Ce prénom on ne le donne à personne,
C'est trop lourd à porter par ici.


Que ton fils porte un nom slave et blond,
Car ici, chaque cheveu on recense
Car ici on sépare le bon grain de l'ivraie
D'après tes paupières et d'après ton prénom.


Ne saute pas. Que ton fils s'appelle Lech.
Ne saute pas, Ce n'est pas encore l'heure.
Ne saute pas. La nuit rit aux éclats,
Et ricanent les wagons sur la voie.


Un nuage humain passe sur le pays,
Grand nuage, et une larme pour toute pluie,
Petite pluie, rien qu'une larme, quelle sécheresse.
Et les rails dans le noir disparaissent.


C'est comme ça - fait la roue. Pas de clairière.
C'est comme ça - train de cris à travers bois.
C'est comme ça - dans la nuit, je l'entends.
C'est comme ça - le silence cogne le silence.

 


 "Fleuve d’Héraclite"(1957)

 

traducteur Christophe Jezewski et Isabelle Macor-Filarska.

 

 

 

 

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commentaires

mermed 08/06/2018 14:21

je vous joins un texte écrit sur Szymborska
bravo pour votre blog

Effleurements livresques, épanchements maltés Overblog Holophernes.over-blog.com/
bonne journée
Mermed

Wislawa Szymborska

Un coup de foudre dés la première lecture,
comme les battements du cœur d’un adolescent,
et chaque fois que je veux lire à nouveau ses vers, cette même inquiétude, ne vais-je pas la décevoir cette femme que j’aime?
serai-je un lecteur capable de lire, de comprendre sa simplicité qui me ramène à moi ?
Je ne sais jamais,
je suis le lecteur inhabité
qui répond à une question par une question,
je suis le mille et unième, celui qui n‘existe pas,
parce que les statistiques de l’histoire parleront de mille,
le unième sera la fumée dans un nuage humain qui passe au dessus…
Et toujours comme elle je relis l’Ecclésiaste,
je regrette de ne pouvoir être tous les hommes et toutes les femmes,
j’essaie de ne pas créer moi-même les raisons de mes haines et de ma sottise.
J’ai du mal à le faire;
et je lis à nouveau Szymborska;
elle me regarde,
et l’espace d’un temps, ce regard me rend beau.
Elle me réinvente.
Il y a tant de vers à aimer,
poète sans certitude autre que son ignorance.
J’ai une chance
je la connais et je l’aime - je l’ai déjà dit, tant mieux….
Et je sais qu’elle m’aime
Chacun de ses vers est écrit pour moi….
Et pour vous
si vous ne l’avez encore jamais lue
vous serez aussi
condamnés à la Szymborgaisation à perpétuité.

Un peu d’un vin du centre de l’Europe, un Tokaj me désinhibe et me permet de revenir à chaque rendez vous malgré cette angoisse de la décevoir. Ses vers me reviennent devant l’enfer de Bosch, en écoutant les suites pour violoncelle de Jean Sébastien
Beaux mariages….

Je n’ai trouvé ses œuvres complètes qu’en anglais (il n’existe pas à ma connaissance d’édition des œuvres complètes en français)


© Mermed mars 2009

manou 09/06/2018 08:04

Un grand merci pour ce texte...Je vois que vous êtes fan de cette poétesse que j'ai découvert grâce au ¨Printemps des poètes.

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