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5 mars 2015 4 05 /03 /mars /2015 08:52
Terminus Radieux / Antoine Volodine

Dans une Sibérie devenue inhabitable, à cause de la multiplication d'accidents nucléaires, la survie des hommes, devenus tous des mutants, n'est pas chose facile...

 

Depuis la chute de la Seconde Union Soviétique (ex-URSS fictive), un Kolkhoze, "Terminus radieux" survit au milieu de la taïga, grâce à de nombreuses expérimentations.

Une pile à combustible a pu y être installée pour assurer l'approvisionnement en énergie indispensable aux habitants du village. Mais elle a fondu et provoqué un trou gigantesque dans la croûte terrestre...

Les habitants du village n'ont pas survécu à la radiation et à ses conséquences sur leur organisme. La région entière est désormais contaminée.

Seul Solovieï, le président du kolkhoze, ses trois filles, toutes nées de "mères inconnues", la vieille Mémé Oudgoul, gardienne indéfectible de la pile, et deux ou trois techniciens, peuvent encore vivre sur les lieux...

La Mémé Oudgoul (devenue immortelle grâce aux radiations, plusieurs fois médaillée pour ses bons services) s'occupe de la pile atomique : elle lui parle, la nourrit en jetant peu à peu dans le trou, toutes les reliques des siècles passés irradiées qu'elle empile à côté d'elle, mais aussi à l'occasion avec des animaux morts et même des corps humains.

 

Solovieï poursuit ses rêves de puissance et d'éternité en utilisant ses pouvoirs surnaturels pour aliéner les autres : il entre dans leurs rêves (je devrai dire leurs cauchemars) et les transforme en marionnettes incapables de penser par eux-même. Même ses filles n'y échappent pas, d'ailleurs elles le détestent toutes les trois !

 

Un jour Kronauer et ses deux compagnons s'arrêtent près de la voie ferrée pour se reposer. Ils sont épuisés et ils n'ont ni mangé ni bu depuis des jours...

Suite à l’écroulement de l’Orbise, dernier bastion de résistance de ceux qui luttaient pour un monde égalitaire, ils ont fui pour entrer dans la zone irradiée.

Vassilissa Marachvili est mourante car elle n'a pas supporté les radiations et Iliouchenko, comme Kronauer tient le coup. 

Ils aperçoivent de la fumée et décident d'aller chercher de l'eau et des vivres dans le village proche. Mais ils sont épuisés par leur longue marche et décident de se reposer un instant.

L'arrivée d'un train de soldats sur la voie ferrée, les oblige à se cacher, d'autant plus longtemps qu'il n'a pas l'air de vouloir redémarrer...et que les soldats ne leur inspirent aucune confiance.

 

Finalement, Kronauer décide de traverser la forêt tout seul, pour essayer d'atteindre le village et demander du secours.

Bientôt il rencontre près d'une source une jeune femme, Samiyia Schmid, qui a l'air évanouie ou morte : c'est une des filles de Solovieï, le responsable du kolkhoze. Incapable de marcher tant elle est affaiblie, il la ramène au village en la portant sur son dos. En échange, elle l'aide à traverser la forêt et les marécages car elle connaît bien la région.

 

Dès lors rien ne va plus : Kronauer perd toute volonté de rejoindre ses camarades et gobe tout ce qu'on lui raconte à leur sujet. Ils seraient partis sans lui dans le train...

Faut-il croire à cette version des faits ?

Est-il prisonnier ou libre de partir du kolkhoze ?

Est-il mort ou vivant ?

Et qu'en est-il des autres survivants du village ?

 

Kronauer tombe sous le charme des trois soeurs : car en plus de Samiyia Schmidt, la rebelle de la famille qui ne dit plus un mot depuis qu'il l'a ramené de la forêt, il y a la mystérieuse Hannko Vogoulian et la superbe Myriam Oumarik, pleine de charme...

Mais le terrible Solovieï, leur père, veille même sur leurs rêves érotiques.

 

Pendant ce temps, le train fou (ou train-fantôme si vous préférez) repart, emportant Iliouchenko qui va en prendre le commandement...

Les soldats sont à la recherche du camp socialiste idéal où ils pourraient s'installer enfin, et peut-être se poser pour toujours, une  sorte de camp de concentration protégé par des miradors et des barbelés électrifiés...

Et, en attendant ce jour rêvé, pour ne pas s'ennuyer, soldats et prisonniers alternent régulièrement leurs rôles...

Ils ont de la chance : il n'ont jamais à faire le plein de carburant et peu de besoins naturels. 

 

Ce que j'en pense

 

C'est un roman très surprenant pour moi qui découvre cet auteur pour la première fois...dans lequel j'ai eu du mal à entrer d'ailleurs, mais qui se lit jusqu'au bout tant on veut savoir ce qui va arriver aux personnages.

Il présente cependant quelques longueurs et peut se lire à plusieurs niveaux.

On peut y voir un simple roman de science-fiction très bien écrit.

Ou, le lecteur averti et littéraire de formation, y verra de nombreux symboles des civilisations passées, des légendes russes ou d'autres origines, et bien sûr une réflexion critique sur la société soviétique, les dérives de notre monde moderne...

 

A noter cependant, malgré les références au régime soviétique, le lecteur ne rentre pas dans un roman historique mais nage en plein délire et donc en pleine fiction : en atteste, le côté décalé des situations, la description minutieuse des lieux, de la nature hostile, des personnages, du train (ou autre), l'humour cynique de l'auteur. 

La noirceur et l'ambiance particulière du récit plaisent ou pas.

 

Il faut prendre le temps de rentrer dans cet univers particulier qui n'est pas très abordable au premier abord, il faut bien le dire. Vous êtes prévenus !

Mais si vous réussissez à embarquer, inutile de descendre avant le terminus...

 

Le roman est composé de quatre parties (Kolkhoze ; Éloge des camps ; Amok ; et Taïga) découpées en 49 chapitres. Dans les derniers chapitres, l'auteur donne des clés pour mieux comprendre les chapitres précédents. Il se permet aussi d'interpeller le lecteur, de lui expliquer ce qu'est le post-exotisme et autres subtilités littéraires...

 

Ce roman a obtenu en 2014, le "Prix Medicis" et le "Prix de la Page 111" (pour la page 111 du roman !) le plus "absurde des prix littéraires" dont je découvre aujourd'hui l'existence !

 

Qui est l'auteur ?

 

Antoine Volodine est le principal pseudonyme d'un romancier qui a signé une vingtaine de romans sous ce nom...et qui est né en France en 1950.

Il signe également ses écrits sous les noms de Elli Kronauer, Manuela Draeger ou Luitz Bassmann.

"Terminus radieux" est son 41 ème roman [et je le découvre à peine...]

C'est un auteur qui a su créer son propre univers littéraire où se mêlent traditions et histoire contemporaine. Ce monde fascinant est qualifié de "post-exotisme".

C'est une lecture pour le moins surprenante, une "expérience inédite", une "littérature de l'ailleurs qui va vers l'ailleurs".

Un auteur à découvrir et à lire tranquillement sans se presser...

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