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11 novembre 2014 2 11 /11 /novembre /2014 09:49
Babel nuit / Philippe Garnier

Ce court roman est un moment de lecture très particulier, à la fois plaisant et surprenant, qui bouscule le lecteur : chaque chapitre ajoute encore au mystère !

J'en avais entendu parler lorsqu'il est sorti en 2012, donc je n'ai pas hésité lorsque je l'ai trouvé en bibliothèque.

De plus je n'avais jamais rien lu de cet auteur et j'aime bien me faire ma propre idée...

 

Un conseil de lecture : Il ne faut pas lire ce roman au 1er degré...

 

L'auteur nous parle de communication et plus particulièrement d'absence de communication... et du fait qu'on peut passer beaucoup de temps auprès des autres, y compris des êtres aimés, sans véritablement les comprendre ou se faire comprendre d'eux.

 

 

L'histoire part d'une situation tout à fait loufoque et peu crédible.

 

Le narrateur dont on ne connaîtra pas le nom n'a jamais compris ce que lui disait ses parents. Il ne percevait d'eux que quelques bruits et onomatopées qui semblaient changer tous les jours même dans des situations identiques. "Je ne faisais pas la différence entre leurs voix et les bruits du reste du monde"dit-il.

 

Ses parents, parlaient -ils vraiment une autre langue ? Si oui laquelle ?

Son père usait le plus souvent d'onomatopées (kok / yeksshh) et surtout de consonnes, tandis que sa mère utilisait plutôt les voyelles (ûûûûûûûû).

 

Pourtant tout allait bien chez eux : il y avait à manger et à boire, il travaillait bien à l'école...et ses parents ne se sont jamais aperçu qu'il ne les comprenait pas !

« Je n’ai jamais su si mes parents comprenaient ce que j’essayais de leur dire. Je mélangeais des mots appris dans la rue avec des sons éclos spécialement pour eux dans l’appartement, des sons qui changeaient d’un jour à l’autre et que j’ai peu à peu oubliés. Ils devaient en déchiffrer la plus grande part, puisque mes besoins de base étaient couverts ».

 

A 38 ans un soir, il comprend deux phrases dites par sa mère, devenue âgée et veuve : "Tu comprends ce que je te dis ?" et comme il ne répond pas : "Tu entends quand je te parle ?" lui dit-elle.

 

Déboussolé,  il fuit dans la nuit et va faire des rencontres aussi surprenantes et délirantes que ses propos. Car il veut coûte que coûte raconter son histoire à quelqu'un, espérant ainsi mieux la comprendre...

 

Au square de la Trinité, il rencontre Nina que son récit endort littéralement. Puis il va voir Pavel, avec qui il a travaillé plusieurs années à l'hôtel Béryl, l'accompagne chez lui où ils retrouvent Lara, la compagne de Pavel,  qui est enceinte, passe son temps à dormir en lisant toujours le même livre (Don Quichotte).

Il va les accompagner à la maternité où le bébé naît cette nuit-là. Pendant ce temps il se retrouve, sans le faire exprès, dans la salle des IRM...
Plus tard, il rencontre Bruno, qui  lui demande son chemin, finit par le faire monter dans sa voiture et l'emmène dans l'appartement où il a vécu avec ses parents, un appartement désormais désert où seuls les animaux empaillés veillent, mais où Bruno a invité pour un brunch une cinquantaine de connaissances et leurs amis.

La plupart ne se connaissent pas en fait.

Là, le narrateur retrouve une femme qui semble le connaître mais dont il n'a aucun souvenir... pourtant elle sait tout de lui, même le code d'entrée de l'appartement de sa mère !

 

Ce que j'en pense

 

C'est un livre étrange, dans lequel le lecteur a du mal à se laisser emporter s'il le lit au premier degré. L'histoire est loufoque et décousue...

Mais au second degré, elle devient plus intéressante car, derrière l'absurde, il faut savoir trouver les thèmes développés par l'auteur autour de la communication : l'importance de l'auditeur par exemple, celle des bruits et des attitudes que développent deux personnes et permettent une compréhension au delà de la langue et du discours, comme dans le langage amoureux par exemple...

Les sons ont leur vie propre !

Hé oui ! Lorsqu'à l'hôtel, il pousse le chariot du petit déjeuner, il perçoit "...le tangage infime de la marmelade, le frottement des semelles sur le tapis, la friction du tapis sur le parquet, la plainte de la bouilloire électrique dans la cuisine, les heurts caverneux des casseroles..." Vous non ?!

 

C'est un livre étrange dans lequel j'ai eu du mal à entrer et que j'ai faillit lâcher en cours de route plusieurs fois mais, à chaque fois, un passage a su aiguiser ma curiosité et me donner l'envie de poursuivre...

A essayer donc, par curiosité et pour connaître l'auteur.

 

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