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11 novembre 2016 5 11 /11 /novembre /2016 07:20
Photo de couverture Chrysis, à 15 ans !

Photo de couverture Chrysis, à 15 ans !

Il arrive très rarement, qu'on ait la chance et le bonheur de vivre un grand amour au cours de sa vie. Il arrive, encore plus rarement, que cet amour survive, perdure jusqu'à ce que la mort sépare ceux qui s'aiment...

 

 

L'auteur mélange ici réalité et fiction pour nous conter une belle histoire d'amour à partir d'un tableau français qu'il a acheté en 2007 chez un antiquaire de Nice, pour l'offrir à sa compagne, gravement malade et qui mourra quelques mois plus tard.

L'oeuvre intitulée "Orgie" (1928) est un tableau fascinant qui a été peint par une très jeune artiste qui a réellement existé, Chrysis Jungbluth, dont le nom et les oeuvres sont tombés dans l'oubli. Sur le tableau, on peut voir un groupe d'hommes et de femmes de toutes couleurs, quasiment nus, trinquant dans la joie au bonheur de vivre. Chrysis elle-même s'est représentée dans un coin du tableau. 

Après s'être documenté sérieusement sur elle, l'auteur se laisse aller à imaginer sa vie d'artiste, ses rencontres, son attitude durant les années folles et l'évolution personnelle qui a été la sienne avant la réalisation de cette oeuvre d'art qui lui a permis d'être reconnue en tant que peintre, à une époque où les femmes ne comptaient pas en tant qu'artiste.

Ce livre est aussi un bel hommage d'amour à celle qui partagea sa vie et à cette période de l'Histoire moderne comprenant la Grande Guerre et les Années folles...

 

Voilà le lecteur plongé, dès le début du roman, au tout début du XXème siècle, au moment précis où un jeune américain, Bogey Lambert, quitte son ranch natal pour aller combattre les allemands et rejoindre l'armée française. Il est jeune, c'est un boxeur et excellent tireur, et il vient de découvrir qu'il avait des ancêtres français. Ses parents n'ont que lui car il est fils unique mais vont le laisser partir. Il traverse sur Crazy Horse, son cheval, la totalité du continent américain pour se rendre à New York, où il va attendre pendant des mois pour réaliser son rêve, qu'un bateau français lui permette d'embarquer pour l'Europe...

 

Au même moment ou presque, Gabrielle quitte avec ses parents ses Vosges natales. Son père est colonel et est parti au front. Depuis sa plus tendre enfance, à chacun de ses retours auprès des siens,  il initie sa fille à la peinture...

C'est à la fin de la guerre qu'il va lui conter, alors qu'elle est une toute jeune adolescente, la légende qui entoure le "courrier cow-boy",  un soldat pas comme les autres, courageux et téméraire, entré dans la Légion étrangère, qui, sur son cheval a amené durant toute la guerre les informations  importantes d'un endroit à l'autre, sans jamais avoir peur des lignes ennemies, mais qui un jour a mystérieusement disparu...

 

Nos hommes se mirent à l'acclamer tandis qu'il traversait le no man's land, poursuivit mon père. De temps en temps, ils disparaissaient, son cheval et lui, dans les nuages de fumée et de terre soulevés par les explosions des tirs d'artillerie tout autour d'eux, mais ils réapparaissaient tout de suite après, comme par miracle.

 

Gabrielle est une adolescence fantasque et souvent difficile. Elle aime par-dessus tout la liberté et rêve à un avenir où la femme aurait toute sa place.

Suite à la lecture d'Aphrodite, une lecture interdite à l'époque, mais découverte en secret dans la bibliothèque familiale, elle décide de se faire appeler Chrysis.

Ce soir-là, Gabrielle connu une nouvelle naissance, sous le nom de Chrysis, et comme une affirmation constamment réitérée de sa libération, elle choisit d'adopter ce nom. Tout le reste de sa longue vie, elle signerait toutes ses oeuvres Chrysis Jungbluth, même ses travaux à l'atelier, malgré la désapprobation manifeste du professeur Humbert, qui savait l'origine de ce nom.

 

Elle vit désormais à Paris et elle est subjuguée par la ville et surtout "le village", c'est-à-dire Montparnasse, avec ses écrivains, ses artistes en tout genre et le vent de renouveau de l'après-guerre...Il faut dire qu'elle n'a que 18 ans et découvre à peine la vie.

Elle a réussi à entrer à l'Atelier de Peinture des élèves femmes de l'Ecole des Beaux-arts (seule école d'art ouverte aux femmes à l'époque) et travaille sous la direction de Jacques Ferdinand Humbert, un professeur exigeant et malcommode dont les colères sont mémorables, qui remet à sa place cette jeune fille arrogante mais, il va s'en apercevoir très vite, si douée et passionnée. 

Elle étudie sérieusement la peinture mais va mener une double vie et bousculer les a-priori de sa famille  quand elle découvre par hasard, la vie nocturne.

 

Mais voilà que le hasard met sur sa route Bogey Lambert, le "cow-boy" revenu de l'enfer après 8 ans passé dans un hôpital quelque part en Grande-Bretagne...et qui traîne son ennui et sa déprime dans les bars de la ville où il s'installe en journée pour tenter de mettre de l'ordre dans sa mémoire et écrire ses souvenirs. Elle croque son portrait sans qu'il la voit et va être irrémédiablement attirée par ce jeune homme si mystérieux qui semble ne pas la voir...

Alors que Chrysis se met à travailler dans une maison close, pour y effectuer des croquis érotiques mais aussi y découvrir les joies de sexualité, elle y retrouve Bogey, qui lui y assure la sécurité toutes les nuits.

 

Tous deux vont apprendre à se connaître et vivre une folle passion...

 

Le monde lui paraissait encore merveilleux, riche d'aventures, de promesses et d'espoirs infinis, plein de couleurs, de sensualité, de lumière et de rires, et c'était cela qu'elle voulait saisir dans ses peintures.


 

J'avais énormément aimé la lecture de "Mille femmes blanches", du même auteur,  bien avant d'avoir ce blog. D'ailleurs maintenant que la suite intitulée "La vengeance des mères" vient de sortir, il faudrait que je le relise peut-être...

 

Voilà deux époques qui s'entrecroisent, celle de la guerre de 14-18, de la vie quotidienne des poilus et de leurs souffrances, du deuil des familles et du désastre dans lequel cette guerre a plongé le pays, et celle du Paris d'après-guerre, des années folles légères et pleines de vie, où artistes, marginaux, bohèmes se cherchent une raison de vivre dans une ambiance unique de plaisir sans tabou.  

Les chapitres alternent, s'entremêlent...la vie des personnages est d'abord décrite en parallèle, puis les vies de nos deux héros se rejoignent pour quelques chapitres très forts. 

Bogey Lambert est un cow-boy très attachant dont la candeur nous émeut et qui nous apparaît aussitôt sympathique. 

 

Comme toujours, Jim Fergus ne se contente pas de nous conter une histoire...

J'ai été charmée dès les premières lignes par le souffle romanesque de ce roman et je me suis laissée emportée par ces deux héros, si fragiles et volontaires à la fois, si démunis face à la vie, mais qui sauront le temps de leur rencontre, se découvrir, se soutenir, panser leurs plaies pour rebondir, enfin libres, vers l'avenir qui les attend...

 

Ce roman est en fait un hymne à l'amour, à la liberté de penser, à l'émancipation des femmes...et ce conteur fabuleux qu'est l'auteur, nous dévoile encore une fois ici son immense talent et sa capacité à nous faire entrer dans l'Histoire avec un grand H.

 

Cette lecture est pour moi aussi un hommage à tous les poilus, à mes grands-pères qui sont revenus de la Grande Guerre, meurtris mais pleins de courage pour continuer à avancer et sans qui je ne serais pas là...

Je me suis promis de lire chaque année un roman sur ce sujet au moment de la commémoration du 11 novembre. Je sais que cela peut paraître idiot, mais c'est aussi une façon de ne pas oublier ce qu'ils ont vécu...

 

Ces deux dernières années, il avait écrit de nombreuses lettres à sa famille, mais de plus en plus, à mesure que la guerre se prolongeait et que les destructions s'étendaient, les mots commençaient à lui manquer. Il avait fini par en conclure que les combats ne pouvaient être évoqués par de simples vocables, que la guerre pouvait seulement être décrite par le grondement assourdissant des obus qu'on largue, le vrombissement de l'artillerie qui approche, le fracas des explosions et le crépitement des tirs de mitrailleuses, accompagnés du refrain incessant qui rythmait ces sons élémentaires du carnage, les hurlements des soldats blessés ou à l'agonie.

 

Vous trouverez ci-dessous une bibliographie (non exhaustive) sur la Première Guerre Mondiale et deux romans très forts et qui m'ont beaucoup marqué, parmi mes lectures passées...

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commentaires

FMarmotte5 17/11/2016 10:53

merci pour cette lecture, j'aime bcp Jim Fergus et sa pertinente écriture sur des héroïnes fortes et touchantes. cordialement

manou 17/11/2016 19:21

Moi aussi je l'aime beaucoup et je ne connaissais pas celui-ci !

Quichottine 12/11/2016 23:32

Un livre encore que je regrette de ne pas avoir lu... je note. :)

manou 14/11/2016 07:35

Tu dois connaître l'auteur en tous les cas...mais je reconnais que cette plongée dans l'art et surtout les difficultés de cette jeune fille pour être reconnue est tout à fait intéressante à lire. Tu auras peut-être plus de temps cet hiver ! Moi même je vois ma liste s'allonger indéfiniment...avec une certaine philosophie ! Bisous et une douce journée à toi

CathyRose 11/11/2016 21:23

Et bien encore un livre à noter sur ma longue, très longue liste ...! J'aime beaucoup les livres qui se passent au moment de la première guerre mondiale, par contre je suis incapable d'en lire un qui se passe au moment de la seconde !
Belle soirée, bisous !
Cathy

manou 12/11/2016 08:12

Je crois que la seconde guerre nous touche encore de trop près et que nous en avons entendu parler dans nos familles sans tout comprendre lorsque nous étions petites (parfois à mots couverts) et cela a créé une certaine angoisse que nous revivons en lisant des livres sur le sujet. Moi j'y arrive...mais à petite dose. Bisous

missfujii. 11/11/2016 19:18

Un livre que j'ai noté dans ma liste. Merci à toi de nous faire découvrir toute ses belles lectures.

manou 12/11/2016 08:13

J'ai beaucoup lu pendant mes vacances dans la Drôme car cette année nous n'avions pas les petits enfants alors, comme là bas nous n'avons pas la télé, à part les soirées avec ma belle-soeur et les balades, on a eu du temps ! Je vous les transmets étalées dans le temps

Mimi 11/11/2016 18:38

Moi je trouve ton hommage très attendrissant. Et tu as raison, chacun choisit sa façon de se souvenir et la tienne, tu t'en doutes, me plaît particulièrement. Un livre qui a tout pour en apprendre encore davantage sur cette triste période et plus d'une belle histoire d'amour. Bisous Manou

manou 12/11/2016 08:15

Merci Mimi ! Ce livre est une belle histoire d'amour, comme il y en a eu tant avec tous ces soldats déracinés et loin de chez eux, qui un jour ont pourtant été obligés de rentrer chez eux...Bisous

Cléo 11/11/2016 18:29

J'aime ce type d'histoire : je l'ai mis dans ma liste de lectures fututes! Merci Manou de tes partages de lectures! Bises et bon week-end !

manou 12/11/2016 08:16

Merci à toi Cléo ! J'espère qu'il te plaira puisqu'il nous parle de déracinement, d'art, d'amour mais aussi des meurtrissures de la Grande Guerre. Bises et un bon week-end à toi aussi

Nell 11/11/2016 17:31

On ne peux qu'être à l'écoute et à la lecture de ce livre que tu nous décris avec tant d'enthousiasme. Mon grand-père est allé à Verdun et nous gardons toujours précieusement sa médaille. Maman nous disait qu'il en était si fier. Merci, Manou, pour tes mots. belle soirée et doux long week-end. Bises de tendresse.

manou 11/11/2016 17:45

Merci Nell d'être venue jusque là ce week-end alors que tu as tant à faire. Une médaille que nos grands-pères méritaient bien avec ce qu'ils ont vécu là-bas sur le front. Bisous Nell et une douce soirée ainsi qu'un excellent week-end

Maria-Lina 11/11/2016 14:48

Bonjour Minou, un bon livre de circonstance... Merci pour ce beau partage! Bise, bone journée tout en douceur!

manou 11/11/2016 17:47

Oui ici les commémorations sont de circonstance et comme il n'y a plus aucun "poilu" vivant, il ne faut pas les oublier. Prends bien soin de toi et de gros Bisous de Provence

L'Espigaou 11/11/2016 14:35

Tu lis ces livres du 11 novembre comme l'on va sur leur tombe porter des chrisanthèmes.
C'est ta façon de leur dire d'ici bas que tu les aimes et ne les oublies pas.
Le livre à l'air passionnant mais ton commentaire très émouvant.
Mon grand père a échappé aux 2 guerres trop jeune à la première, trop vieux à la deuxième.
Mon papa a été prisonnier de guerre pendant près de 5 ans à la deuxième guerre, après son évasion il a rejoint les FFI, j'ai le même réflexe que toi je lis tout ce qui peut concerne cette guerre et surtout les camps.
Je suis de tout coeur avec toi
Bien entendu je note ce livre sur ma trèsssssssss longue liste
Je t'embrasse très fort.
Maryse

manou 11/11/2016 17:50

Il y en a tant à lire sur le terrible sujet de la guerre...que ce soit la première ou la seconde, ou celles qui se déroulent dans le monde. Toutes les familles ont souffert et tant mieux pour celles qui ont pu garder auprès d'elles les êtres aimés parce que trop jeunes ou trop vieux. Je t'embrasse tendrement ma douce Maryse. Passe un excellent week-end.

Mousse 11/11/2016 11:04

Bonjour chère Manou,
Je note, ce livre à tout pour me plaire.
Une délicieuse histoire d'amour, triste, mais belle.
Ces livres de guerre sont très intéressants aussi.
Ça, j'aime moins !
Pour les peintures de Chrysis Jungbluth il faut dire qu’elles sont très spéciales, il faut aimer.
Elles sont très sombres et tristes, ce n'est que mon avis.
Très belle page.
Bonne journée, bisous doux.

manou 11/11/2016 17:52

Moi aussi je les trouve triste et il faut dire aussi qu'elle était très jeune quand elle a peint la plupart de ces oeuvres...car je ne la connaissais pas avant de lire ce roman et je suis allée aussitôt consulter internet. Bisous à toi aussi et une belle soirée

marine D 11/11/2016 10:55

Un récit de circonstance, merci Manou, tu lis beaucoup je vois .
Hier le très beau film Cheval de guerre sur la 3 que j'avais déjà vu m'a encore bouleversé
Très bonne journée

manou 11/11/2016 17:54

C'est un très beau film que j'ai déjà vu aussi et j'avais beaucoup aimé le roman que les collégiens lisaient volontiers, si je me souviens bien. C'est une belle histoire bouleversante...Bisous et une belle et douce soirée

Doc Bird 11/11/2016 10:36

Un roman qui mêle une magnifique histoire d'amour, sur fond de Première Guerre Mondiale.
Pour commémorer le 11 novembre, je pense à "Soldat Peaceful" de Michael Morpurgo, en jeunesse, qui m'avait beaucoup émue.
Bonne journée.

manou 11/11/2016 17:57

Je l'ai aussi beaucoup aimé et j'avais trouvé terrible le décompte des heures qui nous rapproche du drame. D'ailleurs je l'ai chroniqué sur le blog. Bonne soirée

celine 11/11/2016 09:40

plein de bons titres, je note ceux que je n'ai pas lu. merci, j'adore lire. bises. celine

manou 11/11/2016 17:58

Merci ! Moi aussi j'adore lire :) Bises

écureuil bleu 11/11/2016 09:39

Bonjour Manou. J'aime bien ta façon de commémorer l'armistice et je vais t'imiter. Ce livre me plairait bien : je vais l'emprunter. J'ai regardé hier "Cheval de guerre" à la télé : un très beau film. Bisous

manou 11/11/2016 17:59

Merci ! Cheval de guerre est en effet un très beau film qui s'inspire d'un fait réel et d'un roman pour adolescent...Je ne l'ai pas revu hier soir mais j'en garde le souvenir d'un film très émouvant. Bisous

Clara65 11/11/2016 07:33

C'est le genre de livre qui me plaît et pour la seconde guerre mondiale, j'ai lu beaucoup d'ouvrages très poignants.
Bon long week-end avec une pensée pour nos poilus.

manou 11/11/2016 09:00

La guerre dans la littérature est très présente et souvent donne lieu à des livres très forts...Un excellent week-end à toi aussi

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